Evaluer les risques professionnels au sein de l’entreprise fait partie des obligations qui pèsent sur l’employeur en matière de santé et sécurité au travail. C’est l’acte fondateur de toute démarche de prévention. C’est en effet par l’évaluation que le chef d’entreprise peut identifier et hiérarchiser les risques, et donc prioriser les actions à mener pour les supprimer ou les réduire. Le Document unique d’évaluation des risques (DUER) est le document de référence qui formalise l’analyse des risques.

Pourquoi évaluer les risques ?

L’évaluation des risques professionnels vise à éviter l’accident du travail, la maladie professionnelle ou toute altération de la santé du salarié du fait des conditions de travail. Ce n’est en effet qu’en connaissant les risques auxquels sont exposés les salariés qu’il est possible de mettre en œuvre des mesures de prévention.

Le travail d’évaluation nécessite l’implication collective de tous les acteurs de l’entreprise (dirigeant, managers, salariés…) : il entre donc dans le cadre des relations et du dialogue social dans l’entreprise.

Quelles entreprises sont concernées ?

Toutes les entreprises – de la boulangerie artisanale à l’entreprise de métallurgie, de la TPE (Très petite entreprise) au grand groupe – sont concernées. Dès lors qu’une entreprise emploie un salarié, il y a nécessité de procéder à l’évaluation des risques.

Aucune activité professionnelle n’est exempte de risques pour la santé humaine.

On peut certes considérer qu’une usine fabricant des produits chimiques sur un rythme de 3×8 comporte plus de risques professionnels qu’un bureau d’étude ou une plateforme d’appels téléphoniques. Les conséquences d’une projection d’acide sur un salarié paraissent forcément plus graves que celles d’une exposition à l’écran d’un ordinateur.
Pourtant, le « travail de bureau » peut générer des risques psycho-sociaux sources de problèmes de santé et d’absentéisme, et doivent par conséquent être pris en compte. La question de l’impact du travail sur la santé peut donc se poser tout autant pour un ouvrier boulanger (chaleur du fournil, horaires de travail) que pour un téléconseiller (rythme des appels, pression du résultat, tensions dans les relations avec les clients…).

l’habitude et l’expérience ne protègent pas du risque professionnel.

Elles peuvent au contraire en atténuer la perception. La connaissance du métier et les adaptations faites progressivement dans le quotidien de travail font qu’un salarié peut ne plus avoir une totale conscience des risques auxquels il est exposé. Et c’est souvent là que survient l’accident. La démarche d’évaluation permet à chacun de prendre objectivement conscience des dangers potentiels et de s’en prémunir.

La démarche d’évaluation

Une démarche d’évaluation peut se résumer en quelques grands principes et étapes.

  • Préparer l’évaluation : on décide quand lancer la démarche, quelles en sont les étapes et comment on implique les salariés ;
  • Identifier les risques : on commence par lister tout ce qui est susceptible de porter atteinte à la santé et à la sécurité sur le lieu de travail.
  • Hiérarchiser les risques : on classe les risques à partir de critères de fréquence (le salarié est-il exposé au risque ponctuellement, régulièrement ou en permanence) et de gravité des dommages potentiels.
  • Proposer des actions de prévention : on détermine des mesures visant à maîtriser le risque (suppression ou réduction), en mettant la priorité sur ceux que la hiérarchisation a positionnés en haut de liste.
  • Mettre à jour : l’évaluation est une démarche continue qui doit être actualisé annuellement et à chaque changement dans l’entreprise (achat d’une nouvelle machine, diversification de l’activité, nouvelle organisation du travail…).

Le document d’évaluation des risques professionnels (DUER)

Toutes les informations issues de la démarche d’évaluation sont notées et formalisées dans le Document unique d’évaluation des risques (DUER). Le DUER ou « DU » (prononcer « dé-u ») est donc ni plus ni moins qu’une synthèse, un portrait de l’entreprise réalisé sous l’angle des risques professionnels et des actions que propose le dirigeant pour les éviter.

Il doit être accessible :

  • Au ou aux salarié(s) de l’entreprise ;
  • Aux instances du personnel (Comité social et économique) dans les entreprises qui en disposent ;
  • Aux médecins inspecteurs du travail de la Direccte (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi) qui ont une mission de contrôle auprès des entreprises.

La rédaction de ce document est une obligation : toute entreprise doit normalement disposer d’un DUER à jour.